Des scientifiques s’essaient au modèle coopératif

 

 

Des collectifs de chercheurs émergent en France, pour « faire de la science autrement ». Navigant entre utopie et pragmatisme, ces structures se veulent des alternatives aux laboratoires publics et privés.

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Ces structures juridiques du monde de l’économie sociale et solidaire ont pour point commun une gouvernance originale, où chaque associé pèse une voix dans les décisions. Le capital leur appartient au moins pour plus de la moitié et les bénéfices sont réinvestis ou redistribués dans la structure. S’il s’agit d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) (différente des coopératives participatives ou SCOP), elle peut être sans but ­lucratif ou à faible lucrativité.

 

Quel rapport avec la recherche ? Elles se veulent de nouveaux acteurs, voire des alternatives aux organisations actuelles, laboratoires publics ou structures privées (grandes entreprises ou start-up) et souhaitent pallier leurs défauts, comme l’ont rappelé une poignée d’acteurs et d’observateurs de ces modèles coopératifs réunis à l’université de Nice-Sophia-Antipolis, le mardi 17 janvier.

 

Précarité grandissante dans les labos

Depuis plusieurs années, des formes de précarité se sont répandues dans les laboratoires. ­Multiplication des contrats courts, liés à des projets de trois à cinq ans, raréfaction des postes permanents dans les organismes de recherche, ­impossibilité de reconduire les CDD… De jeunes docteurs abandonnent, se reconvertissent, partent à l’étranger. « Un gâchis ! », ­souligne Anita Protopappas, cofondatrice de ­Coopetic, une coopérative des métiers du ­numérique, qui lancera en mars une SCIC pour les métiers de la recherche.

Créer une coopérative pour faire l’interface ­entre le chercheur et le laboratoire (ou organisme, fondation, association…) peut être plus satisfaisant que le statut d’autoentrepreneur, car dans la SCIC le travailleur est en CDI et bénéficie du régime général de la Sécurité sociale. L’entreprise peut aussi bénéficier du crédit d’impôt ­recherche. « Nous recréons du salariat là où il n’y en a plus », résume Anita Protopappas, dont la structure permet à deux chercheurs de poursuivre ainsi un projet.

« Au départ, nous nous sommes lancés un peu sous la pression de trouver un emploi, mais notre motivation, c’est surtout de faire de la recherche autrement »,...

 

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Illustration : Le Monde / Fanny Michaëlis

 

 

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